J’ai laissé des plumes indistinctes de moi écrire les passages les moins lus de ma vie.
Se retracer dans une sombre nuit de torpeur à chercher le réconfort du silence.
Les mains tachées de larmes sèches, la peau bariolée de tristesse, je ne pleure plus.
Des insectes mnémoniques s’affairent à coloniser les niches de tout oubli.
On peut les entendre agiter leurs mandibules et la nuit mes mâchoires crisser.
Il ne faut plus faire la preuve que tout va bien quand même, c’est une science empirique.
Chaussé de bottes de sel, j’entreprends le périple de la mémoire bafouée.
Sur des chemins glacés mes pas empreignent le sol et témoigneront de mon passage.
J’ai le coeur gros de souvenir et des souffrances à tout pardonner.
Les outrages nostalgiques de mon enfance redeviennent suspect.
Dans un procès d’images, je les traquerai.
Je prendrai le bon chemin.
Jusqu’à quand demain peut-être.
Je Saurai quoi pardonner.
Me trouverai paisible.
N’estimerai que mon bonheur.
Pour moi.
Seulement.

