Permance

•février 9, 2010 • Laisser un commentaire

Les rameaux du mal sondent mes veines et prennent racine en leur fond. Je sens que toute lutte est vaine, que le combat est intérieur.  Je visite les possibles, les questionnent à toute heure.  Ils me répondent l’impossible est meilleur. Nageant à contre-marée dans les étangs océaniques, j’envie le sommeil qui berce les algues, je remercie le soleil qui m’inonde de lumière et me dissous en soupirs dans la terreur ondoyante.  Je promène mon oeil hagard sur les destinées secrètes de Pi, donnant ainsi une allure de quête aux tours de ce chien sans médaille. Ce chien pas de médaille qui se mord la queue en sillant sa victoire à qui veut l’aimer. La peur est une chaussée longue et régulière qu’il est courageux de quitter.  Les sentiers qui mènent à la mer sont mal éclairés. Je porte un chandail vert qui me confond avec l’été. J’avance en humant l’air. Je love mon corps dans la mèr.  Je quitte l’irréductible berceau de mon être sali, et je danse librement sur les flots de la nuit.

Du dedans, y’a du mal à sortir au dehors.

•février 8, 2010 • Laisser un commentaire

Je n’ai rien à dire, pas plus que quelque chose de réellement pertinent à confier.  Je souffre de relativisme profond et tente de me sortir de cette impasse par ce blog poussiéreux.  Je veux dire autre chose que ce que je peux dire.  En fait, je cherche à dire les choses comme je les sens, mais je sens tout et rien à la fois.  Je sens le flux qui ondule à merveille sur moi, qui m’incite à me situer par rapport à lui.  Je mets mes mitaines, mon ti-cass, je mets mon suit de skidoo, pis j’embarque… J’embarque comme milles condamnés vers l’Australie, l’Amérique, les îles mouque-mouques, ou n’importe quel bagne du futur qui me propose mieux que ma personne aliénée.  J’embarque comme mon ancêtre… icitte, j’arrive de lui… lui qui arrivé icitte… se trouva vite une raison d’être là… me laissant, aux bons soins de mon ascendance, le souci de m’en chercher une le temps venu.  Une raison d’être, un projet ++, pas un restant de personnalité.  Pogné dans un jello de fatigue, entre ma rue qui flash dans ma fenêtre aux visions accaparantes, entre Montréal pis mon cerveau.  C’est lui le coupable: mon cerveau.  Mon cerveau loin de tout instant, trop occupé à tripper dans le passé pour donner une chance au présent… mon esprit de nostalgie… Comme n’importe lequel déphasé de ce maudit plan de nègre, comme peu importe quand si tu te rappelles, la folle équipée demeure ma gang.  Le lieu du crime, même avec les mains blanche, c’est chez nous.  Les vices cachés tiennent la maison deboute, pis moé, dedans, j’arrange ça à mon goût.  Je suis un déclaré fils de guerre.  Guerre entre deux sexes forts.  Forts, l’un de l’autre, de leurs différences; affaiblis par un fils en combine.  Un genre de combiné  fils-tique à l’amour large comme les bras faits pour embrasser l’univers.  L’univers assez disponible de toutes ses faces pour qui s’en fasse un mémorable portrait.  Comme les visages de Francis Beacon… Lui avait l’auto-portraiture aussi fidèle que l’idée qu’on peut se faire de soi.  Lui avait le guts de se regarder comme un mirage.  Un mirage qui bouge dans le temps… qui avance à mesure que tu crèves… qui t’as crevé les yeux du moment où tu l’as regardé.

Welcome abord the very new Paradigma Cruising Steamship

•juin 12, 2009 • Laisser un commentaire

Il me semble, sans l’état d’un doute, que mes franges et mes contours se morcèlent et s’agglutinent au Centre de mes Préoccupations. De pluies en pluies, j’arrive volontiers en phrases déconstruites et pars fortuitement aux heures de minuit, alors que mes mots s’amoncèlent, par force ou par magie, en sens verbeux et profitable… Lorsque je vous parle… Lorsque je vous raconte les espaces et les formes d’un « Guay-savoir », j’imagine que je m’y trouve et que, simultanément, mes vives perceptions nourrissent d’un fil ma pensée fragile. Et j’improvise, tout autant que vous qui improvisez un sourire, une réponse, une excuse. Je ne préparerai plus mes dictons à venir; je ne m’emploierai plus à fournir de preuves mes explications complexes; je n’irai plus, sans vous, au pays des heureux hasards. Je compte à rebours les précieuses minutes qui m’achemineront à vos côtés, à vos flancs soudains, à vos devantures sages, à vos bras câlins, à vos amitié réciproques et à vos vidanges nocturnes.

Les nôtres nous appartiennent pour de bon; les filets en sont si bien remplis que la pêche n’est plus hyperbole. Ils abondent en tout sens, ceux qui savent et veulent aimer. Ils portent les vêtements du vent et les cheveux dénoués, trimbalent mille breloques qui destinent leur journées, promènent la tranquillité du paysage en guise de bouquet et dans leurs visages possibles se déploient toutes les beautés du monde. Je les ai vus au coin des Panet et Maisonneuve, dans les couloirs houleux d’une université publique, dans la flamme d’un briquet où résonnent encore leurs échos, chez le voisin qui bricole et qui picole, à la télévision (quand ils daignent nous la regarder), dans ma maison… qui devient une boîte à souvenir.

J’abonde en votre sens lorsque vous dites qu’un Amour fraternel prévaudra lorsqu’il sera nécessaire…

Je sens les rouages antiques de vos articulations qui annoncent la fin d’un cycle puisque le suivant s’entame déjà.

Je veux quitter le monde des fous, pour de bon.

À point fermées, mes paupières fébriles regardent un pur plus vert, un bleu plus ciel.

Et tous les jaunes qui vibrent en moi pour faire le soleil sont d’accord; l’été est là, car je ne suis plus las.

Celle avec qui j’ai déjà dansé…

•mai 30, 2009 • Laisser un commentaire

C’était à l’heure des rendez-vous, celle à laquelle les nourrissons braillent fort avant de s’endormir.  Jérôme me shottait la dernière poffe et elle nous regardait, écartée et maquillée.  Je ne m’y suis pas arrêté alors, mais l’expression de dédain et de mépris que son visage affichait devant nos mains jointes m’apparaît clairement aujourd’hui.  Étrangement, mon amie a toujours été distante, voire couvée.  Au départ, ce sont précisément ses manières effacées qui me charmèrent.  Méfiante et complice, elle esquivait une question jugée trop mesquine; une conversation qui devenait plus intime lui nouait sûrement la gorge.  Dans nos échanges verbeux, je la dominais avec plaisir: moi, toujours au-devant, je l’interrogeait à tâtons, comme on déshabille une poupée de porcelaine.  Je l’examinais comme on examine une plante ou une œuvre d’art, en sachant pertinemment que l’enchantement tomberait pour une autre.  Insatiable, je la dévorais toujours plus du regard.  Pourtant, mes fins ne m’ont jamais parut vilaine, ni purement sexuelles.  Je n’avoue pas sans un certain malaise que mon appareil libidinale est probablement au zénith de sa condition masculine, les drogues douces, mais les charmes féminins renferment d’autres secrets plus merveilleux encore; l’on ne peut que le découvrir ensuite.  Les brèves précisions que j’apporte à propos de mon amie ne doivent servir qu’à mieux comprendre les raisons qui me poussèrent à croire que, de justesse, j’avais échappé à l’étreinte d’une sorcière et y avait fourré à ma place un ami disposé.  Lui qui porte encore aujourd’hui les cicatrices d’une trahison qui ne fut pas la sienne ne saurait, à la lecture de cette confession, raisonner mon pardon.  S’il y parvient un jour, c’est qu’à son tour il m’aura trahit, alors que moi, je dormirai en toute quiétude dans le bras d’une femme surnaturelle, à laquelle mes soupçons auront abandonnés leur mémoire.

Crois-moi, nul besoin de correspondre, je sens que nous nous sommes tout dit.  D’ailleurs les nuits silencieuses passées à tes côtés me justifient; il faut agir pendant que la lune est haute.  Oublions nos rancunes d’hier, et portons au bûcher celles d’entre toutes qui minent le cœur de hommes et y font croître les vignes meurtirères où poussent en grappes les vices de l’âme humaine.  Il en va du salut de nos fils, qui a leur tour châtieront leurs filles.

Sur les soirées longues qui raccourcissent.

•avril 14, 2009 • Un commentaire

Je ne crois pas d’aucune manière que les poissons puissent parler de météorologie.

Leur acceptation du phénomène doit être absolue pour que leurs conditions de vie soient décentes.

L’homme tergiverse dans le ridicule en commentant sans vergogne son atmosphère changeant.

Dans un environnement XYZ, l’homme serait peut-être plus à même de ne pas concevoir son existence comme une calamité provenant des altitudes.

Les poissons sondent les creuses abysses comme ils batifolent au vague des crêtes.

Lorsque je reviens des profondeurs, mon élan me permet tout juste de contempler les hautes vagues et ses danseurs.

Lorsque je reviens, sans nuances, les bas-courants me dominent et m’acheminent au retour.

Requins et récifs aident à ma nage; si je goute à nouveau l’effrayant éther, je remercie ma force.

Pourtant, je sais que tous les poissons se parlent entre eux.

J’ai entendu les clowns, les épineux, les murènes et les baleines.

Je sais que leur présence est nécessaire; leur témoignage, ultimes.

Les poissons meurent chaque jour: de la cigarette à grands-filets, du cancer industriel, du sida braconne.

Les poissons vivent à chaque jour, et les clémences du climat assaisonne leur séjour.

À Chicoutt-Nord, pumpernickel chrome.

Fr Gu

Commencer par la faim.

•avril 10, 2009 • Laisser un commentaire

Assoifé d’éventuelles et potentielles dérives, j’existe.
Dans la pénombre, je me nomme abstraitement.
Dans le clair-jour, je me dérobe facilement.
Hypergenèse. Ça pend, nous y sommes.
C’est un calembour malgache qui s’épelle strictement, puisqu’il ne faut jamais en prononcer la substance verbale.
Comme les heures fuient, je m’écouche souvent à leurs petites… Le sujet est ici discursif, mais il perd tout son crédit lorsqu’on l’aborde d’un point de vue pédonculaire. En effet, le champ des sphères pédonculaires de la pratique déontologique des pommiers est restrictive et ne s’applique pas dans le cadre humain de la parole masculine.
Pédoncule-je?