L’amorce à rebours.

•décembre 19, 2010 • Laisser un commentaire

J’ai laissé des plumes indistinctes de moi écrire les passages les moins lus de ma vie.

Se retracer dans une sombre nuit de torpeur à chercher le réconfort du silence.

Les mains tachées de larmes sèches, la peau bariolée de tristesse, je ne pleure plus.

Des insectes mnémoniques s’affairent à coloniser les niches de tout oubli.

On peut les entendre agiter leurs mandibules et la nuit mes mâchoires crisser.

Il ne faut plus faire la preuve que tout va bien quand même, c’est une science empirique.

Chaussé de bottes de sel, j’entreprends le périple de la mémoire bafouée.

Sur des chemins glacés mes pas empreignent le sol et témoigneront de mon passage.

J’ai le coeur gros de souvenir et des souffrances à tout pardonner.

Les outrages nostalgiques de mon enfance redeviennent suspect.

Dans un procès d’images, je les traquerai.

Je prendrai le bon chemin.

Jusqu’à quand demain peut-être.

Je Saurai quoi pardonner.

Me trouverai paisible.

N’estimerai que mon bonheur.

Pour moi.

Seulement.

 

 

Le baiser de la Guêpe

•novembre 4, 2010 • Laisser un commentaire

 

Par les tourbillons servilles qui amènent aux vents les morts aux portes de la ville

Sa faim se dissémine et prolifère encore comme la famine mord les putains, tue leur corps

Le travail corrompu par l’industrie du vain, l’esclave s’évertue à l’abandon du vrai,

Avaries et bordels, flots de sucre rancit dans la fumée du bar où tranquillement elle fraie

 

Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard au cœur des colombes

 

En architecte du pire elle construit à dessein

Des châteaux de papier pour cacher son essaim

Voilà que la reine putride s’avance à faux-bourdon

«Nous garderons le miel, pour vous c’est le goudron

Nos alvéoles de fiel , toutes irrégulières

Bercent dans la haine des foules ouvrières»

Et ils avancent encore, la reine, puis sa cohorte

Dans sa maigre guêpière qui lui donne cet air de morte

 

Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard dans les yeux du monde

 

Et la horde charognarde qui ne pense qu’à se mettre

Le dard dans la misère, la bouche entre-ouverte

Le balet inconscient des junkies carapaces

Je prend la place de l’Autre et j’efface sa trace

À ma solde, ralliés, le clan parasitaire

La panoplie ailé, les grands coléoptères

Je brûlerai les saisons, les consummerai toutes

Pour dominer l’hiver, qu’enfin les hommes goutent

 

Au baiser de la guêpe censé me reconnaître

Le baiser de la guêpe sur mes lèvres fermées

Voici le résultat de mes recherches

•novembre 3, 2010 • Laisser un commentaire

Je commence par la faim, encore… Ce qu’il faut savoir c’est que cet appétit est incontrôlable; on voudrait tant savoir ce qui vient, ce qui sera, comment ça se passera… Selon nos calculs enfin, par leur exactitude naîtra l’idée générale, la structure des événements, par les erratas adviendra l’harmonie du naturel. Un faux-naturel laid et froid quoi, qui sèmera le doute éternel dans mon esprit, qui fera de tout réel un setup, una cena, une commande. La laideur des plans, des cartes, des périlleux walkthrought, des recettes glauques dépend de l’appliquant dans ce cas-ci. Pourquoi suis-je l’appliquant? Il faudrait songer à arrêter la partie, à abdiquer au vide la grande idée. Quitter volontiers l’escalade d’une charpente à moitié clouée pour le confort de ses murs que l’on ne soupçonnerait s’effondrer. Je respire un instant dans ce lieu mi-clos, la bouche soufflante et les yeux entre-ouverts, et j’entreprends cette recherche:

 

Il n’y a plus de destination possible, parce que partir d’ici, c’est faire un mauvais départ. C’est construire le solide sur le mou et s’y enfoncer éternellement… Un peu comme une aiguille qui pourfend les nuages, elle s’oxyde dans sa chute et accumule tant de rouille qu’elle devient méconnaissable, transfigurée. Il y aurait une goutte d’eau limpide qui lui sertirait le chas en guise d’œil. Ainsi, l’aiguille pourrait filer à toute allure croyant savoir où aller, et les nuages, tenus en haleine, ne sauraient dire où elle va. Elle valse l’aiguille qui glisse sharp sharp dans les eaux de surface du grand néant. Les plus lisses vapeurs du continent cavalent en courants tourbillons et nous portent en elles lorsque nous retournons à la terre. Et l’aiguille, ignorant tout cela, chevauche les indomptables souffles là où ils vont, chargés de fantômes. Ils font le tour du monde, d’un nuage à l’autre et ainsi de suite sans que le soleil ne se couche vraiment pour eux tous. Dans ce transport, l’aiguille ne gît jamais sur le sol; elle transpercera parfois des oiseaux perdus, elle crèvera souvent le cœur des enfants en emportant au passage des ballons envolés, offerts au ciel des dégonflés, elle ne retrouve jamais de fil ni de raison, sinon qu’en de brèves caresses éparpillés par les vents décousus. Ce sont le plus souvent des brindilles amères, des brins d’herbe déracinés ou des moutons de pollen qui viennent pour aveugler au cœur du chas, la goutte extralucide qui réfracte la lumière et la projette en rayons d’humeurs vaporeuses sur les nuages qui, passivement, se colorent et se confondent entres eux. Tout cela pendant que l’aiguille valse sur des kilomètres-heures, sans heurts ni maîtres, vouée aux vents véniels qui peuplent les hauteurs, là où se perdent les aiguilles par milliers sans jamais retrouver le fil de leur vie, sans jamais revoir un pote lointain issu d’une même botte de foin. Elle attend l’heure de pointe pour filer en vrilles aériennes vers les horizons brumeux de la ville, où elle se conforte à l’idée de voir voler des bouts de ficelle égarés, des rognures d’écharpes esseulées, des soies dentaires mal-cirées, des cordons de théières sans sachets, des cordes de tampons taponnées… Toujours un nuage docile, toujours une brise servile, une aiguille sans fil, un corps sans nombril. À tout bout de champ, dans les tranchées, dorment les pics et les clous, les épées rouillées et les lances meurtries. À tout bout de champ, dans les trous de la terre en culture, aboutissent aussi les aiguilles en épaves, dans les écueils qui engloutissent le bruit du vent, dans les mouchoirs des nuages qui font des voiles dans la pluie. Dans l’eau qui ruisselle à tout bout de champ, qui remonte comme le sang dans la tête de ses veines souterraines, elles parviennent aux caniveaux des villes, elles refont surface aux égouts de la crasse, elles débordent en reflux de dards pollués des venins de la masse, des hérédités contagieuses, des infirmités traumatiques de la mémoire. Tout en se recrachant au dehors, elles s’évaporent encore vers les sublimes félicités du vol de la légèreté, oubliant les lourdes clefs qui ouvrent les portes franchies par le passé. Les aiguilles filent des jours heureux et tissent d’entrelacs et de milles arabesques des toiles admirables et ombrageuse qui défient l’imagination ordinaire et qui disparaissent dans les airs, comme le mirage se dégénère. L’aiguille égarée de panique rêve qu’elle se pique et évite de se pincer. Puisqu’elle domine, tous les nuages ploient l’échine sous les doses endorphines qu’elle pénètre en cuillère, l’alêne injectée dans le fer. Elle maudit sans foi des amoureuses tristes immaculées de misère qui désespèrent et s’effritent comme les pleureuses de sel qui virent brûler Sodome, une fois encore avant de quitter Gomorrhe. Maudire amantes et maîtresses déchues comme des hommes attardés, vantés de vétilles, qui enrichissent l’horreur en faisant l’amour à leurs mères comme à leur filles. Le réveil est brutal, la conscience salie, le blanc vermeil  ceint l’iris, l’odeur de chien moisi. Sur le coup , l’aiguille coule à pic et s’enfonce à chaque tic-tac dans un rêve en profondeur où elle cherche l’odeur confortante des retrouvailles, le lieu de péremption rêvé pour se recoudre les entrailles….Bref… le coeur affamé verra ses destinations planifiées éconduire les fortuites épousailles.

 

FGR.

Le commode et le juste.

•septembre 14, 2010 • Laisser un commentaire

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L’orient et l’occident vont opposer le monde alors que ces notions n’existent pas.

Leur noms sont comme des secrets de misère enterrés dans une boîte à souvenir perdue.

Ils suscitent en moi un égarement profond comme je creuse le sol à leur recherche.

Je sais que dans la boîte, en suspens au centre de cette boîte, dans la boîte il y a un monde.

Mais de ce monde qui est perdu, je n’ai qu’un souvenir sans substance, sans conviction.

J’implore que le Divin me le souvienne: «Tu n’as pas enterré cette boîte de tes mains.»

L’orient pèlerine-t-elle vers le soleil ou demeure-t-elle au foyer?

L’occident cours au progrès comme à sa perte, mais est-il aussi en voyage?

L’orient le soleil, l’occident le soleil, concourent tous deus.

L’orient la lune, l’occident la lune, s’assombrissent tour à tour.

Je n’ai si peur de rien tant qu’ils tournoieront encore demain.

S’ils arrêtaient leur course folle sous mes pas.

De les voirs figés, érigés, assommant le glas.

Je prendrais le reste de l’éternité pour partir à ta recherche.

J’irais scruter les lieux de notre déchirement pour y trouver des traces.

Des fragments de nous, des morceaux qui nous appartiennent ensemble.

Des endroits de nous que nous ne possédons plus, qui rendent notre quête impossible.

Impossible de retrouver ma moitié avec la cicatrice qui reste de nous, puisque elle est incomplète.

Cette cicatrice n’est déjà plus le reflet de ce que nous sommes ni de ce que nous étions.

Alors je partirais, infatigable, pour l’éternité durant, me recomposer de toi.

L’étoile passe encore dans le ciel aujourd’hui, et je sais que le chemin qui me mène à toi est intemporel.

Que te rejoindre est une idée qui ne peut mourir et qui ne se réalise pas non plus.

Alors je t’abandonne, au quotidien, à l’autre bout du monde ou sur mon pallier.

Restons inconnus, oublions nous et ne nous revoyions qu’alors, quand tout cessera de tourner.

Quand nous aurons, comme jadis, vraiment le temps pour ces choses là.

.

Lire la suite ‘Le commode et le juste.’

Pour moi, de toi…

•septembre 12, 2010 • Laisser un commentaire

ESPACE CACHÉ,

La forme d’une ligne sur le chemin imaginaire du temps

parfait une conception téléologique de l’inconscience.

Aussi, dans l’attente, le chemin distrait que l’on prend

mène dûment nos solitudes où réside l’espérance.

Là, l’innocence apparaît aussi précieuse qu’un bijou

et le soleil redevient doucement un ami du quotidien.

Enfin, le bruit du monde vrombit telle berceuse qui joue

d’un air serein, comme celui de caresser une main.

CACHETTE SPACIEUSE.

Dans ce silence, je suis Empire et toi Onire

•avril 13, 2010 • Laisser un commentaire

Garde tes ombres purpurines

Et mes ombrelles divines,

Avec mes mots souillés de toi

Je pars… sans eau.

Je regarde à l’est

Et y vois des fleurs

Mourantes de mille parfums

Des orages bas qui peuplent le monde

La jungle chaude qui hurle ton nom

À jour, ton sourire m’a percé

Et j’en oublie le vrai soleil

Qui soudainement prend ta forme

Son corps ardent qui m’aveugle

En toi, se dresse toujours

Pour que je t’absorbe et te prie

Tu couches chaque nuit

Avec un autre, éveillée

Devant mon sommeil soumit

À ma vue dérobée, tu es paisible

Soleil de braise, je te cherche dans mes rêves

Tu me parviens, parcimonieuse et noire

De tes rayons, un par un, puis par centaines

Je me nourri en attendant l’ivresse

Sobrement, tu déverses les heures

Les longues minutes, ces motifs brulants

Que d’autres bouches entendent

Que d’oreilles affamées dévorent

D’eux, je croirai me venger

Je voudrai que tu redescendes

Je ne veux plus te voir, soleil

Redeviens femme, amante

Redonne à moi seul ton regard

Je ne dormirai plus le soir

Je serai l’autre à sa place

Car ce ciel n’est rien sans toi

On dit qu’il ne le sait pas

Qu’il a pour toi oublié son nom

Il a rêvé les étoiles du nord

Celles qui brilleront encore

Et ne s’évanouiront pas

Quand tu redeviendras femme

Quand tu redeviendras femme

J’hérisserai ta peau blanche irisée

Et tout mon corps nu dansera

Je te promets, au premier frimas

Quand mes mouvements glacés

Feront notre mort tiède et lasse.

Soulagements

•février 18, 2010 • Laisser un commentaire

Janvier févriait, avec toute la redondance que l’on connait à un premier de l’an… Je n’en peux plus de te vouloir à la fin, de te revoir au détour partant. Mars, arrive donc! Qu’est-ce que tu fais à traîner tes pieds? Si tu viens pas maintenant, je vais céder au frette.  C’est certain que tu le fais exprès: tu te moques de ma langueur, tu te fiches de mes attentes, je le sais bien. Tu joues pas à «call» avec les saisons, pis je m’empoche régulier dans les trous du calendrier. J’enterre au temps ma sagacité, ma bonne humeur, mon sourire cordial… je fouille mes racines, je choisie les charnues, délaisse les séchées ou les molles.  Je veux de la dureté pour ma dent, de la très durable identité.  Au revoir recherche alter-minable de moi, Gone for long soucis du beau et du propre en surface. J’ai le souffrant assez sensible pour se fendre les chevilles aux pas quotidiens vers le combat. Si le combat s’annonce terrible, la guerre à contre-jour est vaine. Le temps à toujours déjà raison de moi, alors je drop la serviette au coin.  Mon entraîneur avec ma face dans les cordes; je suis Bret et sa mère quand ils tuaient le personnage rose-cool. Demain je suis toi qui me juges et me hais, aujourd’hui je suis moi craignant demain.

Permance

•février 9, 2010 • Laisser un commentaire

Les rameaux du mal sondent mes veines et prennent racine en leur fond. Je sens que toute lutte est vaine, que le combat est intérieur.  Je visite les possibles, les questionnent à toute heure.  Ils me répondent l’impossible est meilleur. Nageant à contre-marée dans les étangs océaniques, j’envie le sommeil qui berce les algues, je remercie le soleil qui m’inonde de lumière et me dissous en soupirs dans la terreur ondoyante.  Je promène mon oeil hagard sur les destinées secrètes de Pi, donnant ainsi une allure de quête aux tours de ce chien sans médaille. Ce chien pas de médaille qui se mord la queue en sillant sa victoire à qui veut l’aimer. La peur est une chaussée longue et régulière qu’il est courageux de quitter.  Les sentiers qui mènent à la mer sont mal éclairés. Je porte un chandail vert qui me confond avec l’été. J’avance en humant l’air. Je love mon corps dans la mèr.  Je quitte l’irréductible berceau de mon être sali, et je danse librement sur les flots de la nuit.

Du dedans, y’a du mal à sortir au dehors.

•février 8, 2010 • Laisser un commentaire

Je n’ai rien à dire, pas plus que quelque chose de réellement pertinent à confier.  Je souffre de relativisme profond et tente de me sortir de cette impasse par ce blog poussiéreux.  Je veux dire autre chose que ce que je peux dire.  En fait, je cherche à dire les choses comme je les sens, mais je sens tout et rien à la fois.  Je sens le flux qui ondule à merveille sur moi, qui m’incite à me situer par rapport à lui.  Je mets mes mitaines, mon ti-cass, je mets mon suit de skidoo, pis j’embarque… J’embarque comme milles condamnés vers l’Australie, l’Amérique, les îles mouque-mouques, ou n’importe quel bagne du futur qui me propose mieux que ma personne aliénée.  J’embarque comme mon ancêtre… icitte, j’arrive de lui… lui qui arrivé icitte… se trouva vite une raison d’être là… me laissant, aux bons soins de mon ascendance, le souci de m’en chercher une le temps venu.  Une raison d’être, un projet ++, pas un restant de personnalité.  Pogné dans un jello de fatigue, entre ma rue qui flash dans ma fenêtre aux visions accaparantes, entre Montréal pis mon cerveau.  C’est lui le coupable: mon cerveau.  Mon cerveau loin de tout instant, trop occupé à tripper dans le passé pour donner une chance au présent… mon esprit de nostalgie… Comme n’importe lequel déphasé de ce maudit plan de nègre, comme peu importe quand si tu te rappelles, la folle équipée demeure ma gang.  Le lieu du crime, même avec les mains blanche, c’est chez nous.  Les vices cachés tiennent la maison deboute, pis moé, dedans, j’arrange ça à mon goût.  Je suis un déclaré fils de guerre.  Guerre entre deux sexes forts.  Forts, l’un de l’autre, de leurs différences; affaiblis par un fils en combine.  Un genre de combiné  fils-tique à l’amour large comme les bras faits pour embrasser l’univers.  L’univers assez disponible de toutes ses faces pour qui s’en fasse un mémorable portrait.  Comme les visages de Francis Beacon… Lui avait l’auto-portraiture aussi fidèle que l’idée qu’on peut se faire de soi.  Lui avait le guts de se regarder comme un mirage.  Un mirage qui bouge dans le temps… qui avance à mesure que tu crèves… qui t’as crevé les yeux du moment où tu l’as regardé.

Welcome abord the very new Paradigma Cruising Steamship

•juin 12, 2009 • Laisser un commentaire

Il me semble, sans l’état d’un doute, que mes franges et mes contours se morcèlent et s’agglutinent au Centre de mes Préoccupations. De pluies en pluies, j’arrive volontiers en phrases déconstruites et pars fortuitement aux heures de minuit, alors que mes mots s’amoncèlent, par force ou par magie, en sens verbeux et profitable… Lorsque je vous parle… Lorsque je vous raconte les espaces et les formes d’un “Guay-savoir”, j’imagine que je m’y trouve et que, simultanément, mes vives perceptions nourrissent d’un fil ma pensée fragile. Et j’improvise, tout autant que vous qui improvisez un sourire, une réponse, une excuse. Je ne préparerai plus mes dictons à venir; je ne m’emploierai plus à fournir de preuves mes explications complexes; je n’irai plus, sans vous, au pays des heureux hasards. Je compte à rebours les précieuses minutes qui m’achemineront à vos côtés, à vos flancs soudains, à vos devantures sages, à vos bras câlins, à vos amitié réciproques et à vos vidanges nocturnes.

Les nôtres nous appartiennent pour de bon; les filets en sont si bien remplis que la pêche n’est plus hyperbole. Ils abondent en tout sens, ceux qui savent et veulent aimer. Ils portent les vêtements du vent et les cheveux dénoués, trimbalent mille breloques qui destinent leur journées, promènent la tranquillité du paysage en guise de bouquet et dans leurs visages possibles se déploient toutes les beautés du monde. Je les ai vus au coin des Panet et Maisonneuve, dans les couloirs houleux d’une université publique, dans la flamme d’un briquet où résonnent encore leurs échos, chez le voisin qui bricole et qui picole, à la télévision (quand ils daignent nous la regarder), dans ma maison… qui devient une boîte à souvenir.

J’abonde en votre sens lorsque vous dites qu’un Amour fraternel prévaudra lorsqu’il sera nécessaire…

Je sens les rouages antiques de vos articulations qui annoncent la fin d’un cycle puisque le suivant s’entame déjà.

Je veux quitter le monde des fous, pour de bon.

À point fermées, mes paupières fébriles regardent un pur plus vert, un bleu plus ciel.

Et tous les jaunes qui vibrent en moi pour faire le soleil sont d’accord; l’été est là, car je ne suis plus las.

 
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