Il me semble, sans l’état d’un doute, que mes franges et mes contours se morcèlent et s’agglutinent au Centre de mes Préoccupations. De pluies en pluies, j’arrive volontiers en phrases déconstruites et pars fortuitement aux heures de minuit, alors que mes mots s’amoncèlent, par force ou par magie, en sens verbeux et profitable… Lorsque je vous parle… Lorsque je vous raconte les espaces et les formes d’un “Guay-savoir”, j’imagine que je m’y trouve et que, simultanément, mes vives perceptions nourrissent d’un fil ma pensée fragile. Et j’improvise, tout autant que vous qui improvisez un sourire, une réponse, une excuse. Je ne préparerai plus mes dictons à venir; je ne m’emploierai plus à fournir de preuves mes explications complexes; je n’irai plus, sans vous, au pays des heureux hasards. Je compte à rebours les précieuses minutes qui m’achemineront à vos côtés, à vos flancs soudains, à vos devantures sages, à vos bras câlins, à vos amitié réciproques et à vos vidanges nocturnes.
Les nôtres nous appartiennent pour de bon; les filets en sont si bien remplis que la pêche n’est plus hyperbole. Ils abondent en tout sens, ceux qui savent et veulent aimer. Ils portent les vêtements du vent et les cheveux dénoués, trimbalent mille breloques qui destinent leur journées, promènent la tranquillité du paysage en guise de bouquet et dans leurs visages possibles se déploient toutes les beautés du monde. Je les ai vus au coin des Panet et Maisonneuve, dans les couloirs houleux d’une université publique, dans la flamme d’un briquet où résonnent encore leurs échos, chez le voisin qui bricole et qui picole, à la télévision (quand ils daignent nous la regarder), dans ma maison… qui devient une boîte à souvenir.
J’abonde en votre sens lorsque vous dites qu’un Amour fraternel prévaudra lorsqu’il sera nécessaire…
Je sens les rouages antiques de vos articulations qui annoncent la fin d’un cycle puisque le suivant s’entame déjà.
Je veux quitter le monde des fous, pour de bon.
À point fermées, mes paupières fébriles regardent un pur plus vert, un bleu plus ciel.
Et tous les jaunes qui vibrent en moi pour faire le soleil sont d’accord; l’été est là, car je ne suis plus las.