Dans ce silence, je suis Empire et toi Onire
Garde tes ombres purpurines
Et mes ombrelles divines,
Avec mes mots souillés de toi
Je pars… sans eau.
Je regarde à l’est
Et y vois des fleurs
Mourantes de mille parfums
Des orages bas qui peuplent le monde
La jungle chaude qui hurle ton nom
À jour, ton sourire m’a percé
Et j’en oublie le vrai soleil
Qui soudainement prend ta forme
Son corps ardent qui m’aveugle
En toi, se dresse toujours
Pour que je t’absorbe et te prie
Tu couches chaque nuit
Avec un autre, éveillée
Devant mon sommeil soumit
À ma vue dérobée, tu es paisible
Soleil de braise, je te cherche dans mes rêves
Tu me parviens, parcimonieuse et noire
De tes rayons, un par un, puis par centaines
Je me nourri en attendant l’ivresse
Sobrement, tu déverses les heures
Les longues minutes, ces motifs brulants
Que d’autres bouches entendent
Que d’oreilles affamées dévorent
D’eux, je croirai me venger
Je voudrai que tu redescendes
Je ne veux plus te voir, soleil
Redeviens femme, amante
Redonne à moi seul ton regard
Je ne dormirai plus le soir
Je serai l’autre à sa place
Car ce ciel n’est rien sans toi
On dit qu’il ne le sait pas
Qu’il a pour toi oublié son nom
Il a rêvé les étoiles du nord
Celles qui brilleront encore
Et ne s’évanouiront pas
Quand tu redeviendras femme
Quand tu redeviendras femme
J’hérisserai ta peau blanche irisée
Et tout mon corps nu dansera
Je te promets, au premier frimas
Quand mes mouvements glacés
Feront notre mort tiède et lasse.

