Le baiser de la Guêpe

 

Par les tourbillons servilles qui amènent aux vents les morts aux portes de la ville

Sa faim se dissémine et prolifère encore comme la famine mord les putains, tue leur corps

Le travail corrompu par l’industrie du vain, l’esclave s’évertue à l’abandon du vrai,

Avaries et bordels, flots de sucre rancit dans la fumée du bar où tranquillement elle fraie

 

Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard au cœur des colombes

 

En architecte du pire elle construit à dessein

Des châteaux de papier pour cacher son essaim

Voilà que la reine putride s’avance à faux-bourdon

«Nous garderons le miel, pour vous c’est le goudron

Nos alvéoles de fiel , toutes irrégulières

Bercent dans la haine des foules ouvrières»

Et ils avancent encore, la reine, puis sa cohorte

Dans sa maigre guêpière qui lui donne cet air de morte

 

Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard dans les yeux du monde

 

Et la horde charognarde qui ne pense qu’à se mettre

Le dard dans la misère, la bouche entre-ouverte

Le balet inconscient des junkies carapaces

Je prend la place de l’Autre et j’efface sa trace

À ma solde, ralliés, le clan parasitaire

La panoplie ailé, les grands coléoptères

Je brûlerai les saisons, les consummerai toutes

Pour dominer l’hiver, qu’enfin les hommes goutent

 

Au baiser de la guêpe censé me reconnaître

Le baiser de la guêpe sur mes lèvres fermées

~ par violencephale le novembre 4, 2010.

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