Le baiser de la Guêpe
Par les tourbillons servilles qui amènent aux vents les morts aux portes de la ville
Sa faim se dissémine et prolifère encore comme la famine mord les putains, tue leur corps
Le travail corrompu par l’industrie du vain, l’esclave s’évertue à l’abandon du vrai,
Avaries et bordels, flots de sucre rancit dans la fumée du bar où tranquillement elle fraie
Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard au cœur des colombes
En architecte du pire elle construit à dessein
Des châteaux de papier pour cacher son essaim
Voilà que la reine putride s’avance à faux-bourdon
«Nous garderons le miel, pour vous c’est le goudron
Nos alvéoles de fiel , toutes irrégulières
Bercent dans la haine des foules ouvrières»
Et ils avancent encore, la reine, puis sa cohorte
Dans sa maigre guêpière qui lui donne cet air de morte
Déjà, la nuit qui tombe, comme un dard dans les yeux du monde
Et la horde charognarde qui ne pense qu’à se mettre
Le dard dans la misère, la bouche entre-ouverte
Le balet inconscient des junkies carapaces
Je prend la place de l’Autre et j’efface sa trace
À ma solde, ralliés, le clan parasitaire
La panoplie ailé, les grands coléoptères
Je brûlerai les saisons, les consummerai toutes
Pour dominer l’hiver, qu’enfin les hommes goutent
Au baiser de la guêpe censé me reconnaître
Le baiser de la guêpe sur mes lèvres fermées

